Marine, de Paul Verlaine (XIXe siècle). 16 vers en tout, dont 4 à réciter au CP.
L’Océan sonore
Palpite sous l’œil
De la lune en deuil
Et palpite encore,
Tandis qu’un éclair
Brutal et sinistre
Fend le ciel de bistre
D’un long zigzag clair,
Et que chaque lame
En bonds convulsifs
Le long des récifs
Va, vient, luit et clame,
Et qu’au firmament,
Où l’ouragan erre,
Rugit le tonnerre
Formidablement.
Paul Verlaine (mort en 1896), Poèmes saturniens (1866). Texte relevé sur Wikisource.
Ce qu’on apprend au CP : la première strophe
L’Océan sonore
Palpite sous l’œil
De la lune en deuil
Et palpite encore,
Le poème complet compte 16 vers ; au CP on n’en récite que 4.
La fiche à imprimer
Marine, de Verlaine, à réciter au CP
Les 4 vers à réciter en gros caractères, avec la place pour illustrer et la ligne de signature de la maîtresse.
Le dernier texte du recueil du CP, réservé à la fin de l’année : ses images sont plus difficiles que celles des autres. À ce moment-là, l’enfant comprend un texte lu seul, et la poésie devient un plaisir plutôt qu’un exercice.
Ce que raconte le poème
La mer bouge sous la lune, la nuit, avant l’orage. Le poète la décrit comme un être vivant dont on verrait le cœur battre.
Les mots à expliquer avant d’apprendre
Sonore, palpite et en deuil : ces mots ne se disent plus guère aujourd’hui, et un enfant qui récite sans les comprendre oublie deux fois plus vite.
- sonore : qui fait du bruit
- palpite : bat, comme un cœur
- en deuil : triste, comme habillée de noir
Comment l’apprendre en quatre soirs
- Premier soir : L’Océan sonore / Palpite sous l’œil
- Deuxième soir : De la lune en deuil / Et palpite encore,
- Troisième soir : le poème en entier, debout, une seule fois. Puis on arrête.
Quatre vers, quatre rimes en écho (sonore / encore, œil / deuil). Les dire lentement, en écoutant les rimes, suffit souvent.
Le piège de ce poème
« Palpite » revient deux fois : c’est voulu, et c’est ce que les enfants oublient le plus souvent au deuxième passage.