Il pleut, il pleut, bergère, de Fabre d’Églantine (XVIIIe siècle). 48 vers en tout, dont 4 à réciter au CP.
Il pleut, il pleut, bergère,
Presse tes blancs moutons ;
Allons sous ma chaumière,
Bergère, vite, allons :
J’entends sur le feuillage,
L’eau qui tombe à grand bruit ;
Voici, voici l’orage ;
Voilà l’éclair qui luit.
Entends-tu le tonnerre ?
Il roule en approchant ;
Prends un abri, bergère,
À ma droite, en marchant :
Je vois notre cabane…
Et, tiens, voici venir
Ma mère et ma sœur Anne,
Qui vont l’étable ouvrir.
Bon soir, bon soir, ma mère ;
Ma sœur Anne, bon soir ;
J’amène ma bergère,
Près de vous pour ce soir.
Vas te sécher, ma mie,
Auprès de nos tisons ;
Sœur, fais-lui compagnie.
Entrez, petits moutons.
Soignons-bien, ô ma mère !
Sont tant joli troupeau ;
Donnez plus de litière
À son petit agneau.
C’est fait : allons près d’elle.
Eh bien ! donc, te voilà ?
En corset, qu’elle est belle !
Ma mère, voyez-là.
Soupons : prends cette chaise ;
Tu seras près de moi ;
Ce flambeau de meléze
Brûlera devant toi :
Goûte de ce laitage ;
Mais tu ne manges pas ?
Tu te sens de l’orage ;
Il a lassé tes pas.
Eh bien ! voilà ta couche,
Dors-y jusques au jour ;
Laisse-moi sur ta bouche
Prendre un baiser d’amour.
Ne rougis pas, bergère,
Ma mère, et moi, demain,
Nous irons chez ton père
Lui demander ta main.
Fabre d’Églantine (mort en 1794), Chanson de 1780. Texte relevé sur Wikisource.
Ce qu’on apprend au CP : le premier couplet
Il pleut, il pleut, bergère,
Presse tes blancs moutons ;
Allons sous ma chaumière,
Bergère, vite, allons :
Le poème complet compte 48 vers ; au CP on n’en récite que 4.
La fiche à imprimer
Il pleut, il pleut, bergère à réciter au CP
Les 4 vers à réciter en gros caractères, avec la place pour illustrer et la ligne de signature de la maîtresse.
Beaucoup d’enfants connaissent l’air avant les paroles, ce qui aide énormément : la mélodie porte le texte. C’est l’un des sept textes du recueil du CP, à l’aise en période 2, quand les sons complexes commencent tout juste.
Ce que raconte le poème
Quelqu’un appelle une bergère surprise par l’orage et lui propose de venir s’abriter chez lui avec son troupeau. C’est une chanson, elle se chante autant qu’elle se récite.
Les mots à expliquer avant d’apprendre
Bergère, presse et chaumière : ces mots ne se disent plus guère aujourd’hui, et un enfant qui récite sans les comprendre oublie deux fois plus vite.
- bergère : la jeune fille qui garde les moutons
- presse : fais avancer plus vite
- chaumière : une petite maison dont le toit est fait de paille
Comment l’apprendre en quatre soirs
- Premier soir : Il pleut, il pleut, bergère, / Presse tes blancs moutons ;
- Deuxième soir : Allons sous ma chaumière, / Bergère, vite, allons :
- Troisième soir : le poème en entier, debout, une seule fois. Puis on arrête.
C’est une chanson connue : la chanter d’abord, réciter ensuite. La mélodie tient le texte toute seule.
Le piège de ce poème
Le mot « presse » n’a rien à voir avec « être pressé » : ici, c’est un ordre donné aux moutons.